Alcool au volant: une simulation à la limite du réel

Alcool au volant: une simulation à la limite du réel
Les journalistes

PRÉVENTION. Vision troublée, maux de cœur, étourdissements, perte de jugement, temps de réaction réduit. La conduite avec les facultés affaiblies par l’alcool est dangereuse pour l’automobiliste et les autres usagers de la route. Grâce au simulateur de CAA-Québec et à des lunettes «Fatal Vision», les étudiants de l’école Joseph-Hermas-Leclerc à Granby ont pu expérimenter, en toute sécurité, les aléas de la conduite sous l’influence de l’alcool.

Portant des lunettes «Fatal Vision», qui représentent la vision d’une personne qui a un taux d’alcoolémie de 0,05 (donc encore sous le seuil légal du 0,08), les journalistes ont pu expérimenter, jeudi, la conduite automobile sous l’effet de l’alcool dans un environnement sécurisé.

Dès les premières secondes à porter les lunettes, la reporter du GranbyExpress.com éprouve des maux de cœur associés à des étourdissements. «C’est l’effet de l’alcool madame», répond à la blague Nancy Dulac, instructeur-moniteur en conduite préventive chez CAA-Québec. Celle-ci tend aussitôt la main en guise de salut et l’auteure de ces lignes doit s’y prendre à plusieurs reprises pour la saluer. Ça augure bien pour la conduite!

Lentement, la représentante du GranbyExpress.com prend place derrière le volant. Le simulateur démarre. Si d’ordinaire rouler en ligne droite ne représente guère un défi, ce n’est pas le cas à ce moment! Garder un œil sur la circulation automobile, cycliste et piétonnière représente tout un défi. Si bien qu’au terme d’une courte balade en ville à environ 40 km/h, une collision avec un cycliste survient. Le simulateur prend aussitôt fin. «Pourtant, avec les lunettes, il y a juste la vision qui est altérée. Vous avez encore votre jugement», indique l’agente Caroline Garand, porte-parole du Service de police de Granby.  

Plusieurs scénarios

Le simulateur, d’une valeur de 60 000$, contient 150 scénarios différents. Outre la conduite sous l’effet de l’alcool et les textos au volant, le CAA-Québec s’en sert pour simuler différentes conditions climatiques, la fatigue au volant et les changements de voie. Les futurs policiers l’utilisent aussi pour simuler la conduite d’un véhicule d’urgence. «C’est un très bel outil de travail. Par exemple, avec les textos, on voit la distance que l’on parcourt sans avoir un œil sur la route. Ça prend en moyenne quatre secondes pour écrire ou lire un texto. À une vitesse de 50 km/h, l’automobiliste parcourt 14 mètres à la seconde», illustre Mme Dulac.

En quatre jours, ce sont environ 450 élèves de J.H.-Leclerc qui auront expérimenté le simulateur de conduite automobile de CAA-Québec. Le but? «Sensibiliser les jeunes à l’alcool et aux textos au volant. Leur montrer à quel point c’est dangereux», indique Nancy Dulac. En deux ans, la tournée du CAA a rejoint 10 000 jeunes. J.H.-Leclerc est la première école de la région à profiter de cet outil de prévention.

Cette activité de sensibilisation s’inscrit dans le calendrier de prévention du Service de police de Granby. «Chaque année, on rencontre les élèves pour leur parler de la drogue et de l’alcool au volant. Aujourd’hui (jeudi), au lieu de donner une conférence, on leur fait vivre l’expérience», conclut l’agente Caroline Garand.

 

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