Camping Tropicana: la majorité des dossiers réglés

Camping Tropicana: la majorité des dossiers réglés

La grande majorité des 48 occupants permanents du camping Tropicana faisant face à l’éviction ont signé une entente avec la Ville de Granby et les représentants de Parkbridge Lifestyle Communities à la suite du processus de médiation. Sept dossiers sont toujours pendants et Granby n’exclut pas la possibilité d’entamer des procédures judiciaires contre les propriétaires si aucune entente ne survient.

Le processus de médiation avec Me Johanne Brassard aura permis la signature de 41 ententes entre les occupants, la Ville et Parkbridge, en date du 15 octobre dernier. Tous pourront continuer à occuper leur résidence de façon annuelle. Certains ont cependant eu à sécuriser leur installation. Et dans les prochaines semaines, la Ville de Granby changera le zonage du secteur pour un zonage résidentiel afin de légaliser l’occupation de ces résidents.

Sept dossiers ne sont cependant toujours pas réglés et l’administration municipale de Granby ne cache pas qu’elle songe à entreprendre des procédures judiciaires contre ces occupants. «On pourra préciser dans un avenir prochain quelles seront les procédures puisque des discussions ont toujours lieu avec certains occupants», précise Michel Pinault, directeur général de la Ville de Granby.

Ce dernier n’écarte cependant pas la possibilité que ce soit directement les résidents qui soient mis en demeure. «On est en train de voir légalement», complète-t-il.

Pour le maire de Granby, c’est la sécurité des citoyens qui l’importait le plus. «On voulait trouver la solution la plus humaine possible pour faire en sorte que ça perturbe ces gens le moins possible. Dans les dossiers légaux, on ne sera pas moins humain», ajoute Richard Goulet.

Un goût amer

Sylvie Goyette, une résidente annuelle du camping Tropicana, a signé une entente avec la Ville de Granby et Parkbridge Lifestyle Communities. «C’est réglé. Je n’ai pas besoin de déménager», souligne-t-elle. Cette dernière a failli perdre sa haie de cèdres, mais elle s’est vu offrir de les changer d’emplacement sans frais.

Malgré le dénouement, elle garde un goût amer de cette histoire. «Ils ont joué avec nos nerfs en voulant nous expulser. C’est une tempête dans un verre d’eau», dit Mme Goyette.

Cette dernière ne compte pas déménager à court terme, mais n’exclut pas le faire dans quatre ou cinq ans.

Installations non sécuritaires

C’est l’intervention des pompiers pour combattre un incendie en mars 2011 qui est à l’origine de cette saga. Les sapeurs ont eu quelques difficultés à accomplir leurs tâches notamment en raison de problèmes d’accès pour se rendre à l’emplacement de l’incendie. C’est à ce moment que la Ville a pris connaissance du fait que plusieurs terrains étaient occupés à l’année alors que le zonage ne le permettait pas. La Ville de Granby a attendu à l’automne suivant pour dresser l’inventaire des résidents permanents. «Dans certains cas documentés, certains bâtiments étaient non conformes et non sécuritaires», explique Dominique Desmet, directeur du Service d’urbanisme de la Ville de Granby. Parmi les lacunes de sécurité soulevées, M. Desmet note des problèmes de charpente, de foyer, de plomberie et de chauffage d’appoint.

En février dernier, un avis de non-conformité a été envoyé aux occupants des 48 emplacements, avis qui a semé de vives inquiétudes chez les destinataires. Un mois plus tard, le maire Richard Goulet a proposé un processus de médiation. En mai, tant les représentants de la Ville que ceux de Parkbridge ont visité les occupants afin de faire un examen plus attentif des installations. Deux séries de rencontres de médiation ont ensuite été organisées. «Les gens ont pu rencontrer individuellement la médiatrice. J’ai trouvé ça très bien de la faire comme ça», souligne le maire Goulet.

À ce jour, la facture pour la médiatrice, que se partagent à parts égales la Ville de Granby et Parkbridge Lifestyle Communities, s’élève à 70 000$. Granby a aussi déboursé 16 500$ pour régler les 41 dossiers. La part de l’entreprise propriétaire du camping Tropicana n’a pas été dévoilée.

«On va respecter les ententes»

«Les dossiers sont en grande partie réglés. Nous sommes très contents. Les ententes sont confidentielles et individuelles. On va respecter les ententes. On a déjà entrepris d’énormes travaux sur le camping», indique Pier-Luc Brodeur, directeur des opérations de Parkbridge Lifestyle Communities au Québec.

L’élargissement des rues et le remplacement des égouts avec un projet de construction d’une usine pour l’eau potable sont du nombre des travaux.  

 

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