«Ce n’est pas assez», – clame la veuve de la victime

Le camionneur au volant du poids lourd à l’origine d’un accident mortel provoqué par un bloc de glace détaché d’un mastodonte en décembre dernier sur le boulevard David-Bouchard s’en tire avec un simple constat d’infraction et des points d’inaptitude, a appris GranbyExpress.com. L’épouse de la victime trouve que la sanction imposée n’est pas assez sévère.

Le 26 décembre dernier, l’ex-président de l’UPA Centre-du-Québec, Jacques Corriveau, 63 ans, de Saint-Léonard-d’Aston, a perdu la vie lorsque le véhicule dans lequel il prenait place a été frappé par une voiture qui venait en sens inverse. La conductrice de cette automobile a reçu un bloc de glace en plein pare-brise, bloc qui s’est détaché d’un poids lourd. La Granbyenne d’une soixantaine d’années a, quant à elle, subi de graves blessures.

Témoin direct de l’accident, le Dunhamien Robert Ducharme a pris en chasse le poids lourd pour relever le numéro de plaque d’immatriculation, le numéro de remorque et le nom de l’entreprise, rapportait l’homme dans nos pages le 9 janvier dernier.

Le chauffeur, un Ontarien de 47 ans, a été identifié par les policiers. «Le camionneur n’a pas été rencontré, mais il y a eu des communications avec lui», précise l’agent Marc Farand, porte-parole du Service de police de Granby.

«Pas assez sévère»

Au terme de l’enquête, le dossier a été soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales, mais le procureur n’a pas autorisé le dépôt d’accusations criminelles. Les policiers ont donc émis un constat d’infraction au camionneur fautif en vertu de l’article 327 du Code de la sécurité routière qui stipule que «toute vitesse ou toute action susceptible de mettre en péril la vie ou la sécurité des personnes ou la propriété est prohibée».

Le chauffeur s’est donc vu remettre une amende de 1000$ assortie de 264$ de frais pour un total de 1 264$. À cela s’ajoute l’inscription de quatre points d’inaptitude à son dossier de conduite.

Jointe par GranbyExpress.com, la veuve de Jacques Corriveau trouve que la pénalité donnée au camionneur n’est pas suffisante. «Ce n’est pas assez sévère! Je trouve que c’est rire du monde», lance Danielle Rouillard. «Il s’est en allé. Il ne s’est même pas arrêté. Une chance que quelqu’un l’a suivi et a relevé son numéro de plaque d’immatriculation.»

Cette dernière souligne qu’«en Ontario, ça a l’air que ce n’est pas nécessaire d’ôter la neige sur les vans. Les compagnies ne veulent pas que les gars montent sur le toit de leur remorque. Mais ça tue du monde et ça en blesse d’autres», ajoute la dame.

Mme Rouillard se console en se disant que son mari n’a pas eu le temps de souffrir. «Ils m’ont dit qu’il était mort sur le coup. C’est plus dur pour les enfants. Jacques était toujours sur la route pour le travail et je m’en attendais. J’étais inquiète», confie-t-elle.

De Halifax… à Granby!

Mis au fait du tragique accident, Wayne Pilling et Rob Ritcey, de l’entreprise Denex Industrial inc. basée à Halifax en Nouvelle-Écosse, se sont présentés, copie du GranbyExpress.com du 9 janvier 2013 en main, au bureau de votre hebdomadaire dernièrement. Les deux anglophones venaient de terminer l’installation d’un système de déneigement chez l’entreprise Pepsi, à Granby. «On a entendu parler de l’accident par un client de Gatineau en février dernier. On a recherché l’article et on l’a trouvé», raconte Rob Ritcey, vice-président de Denex Industrial. Selon le document de la compagnie qui présente le système de déneigement, 15 centimètres (6 pouces) de neige mouillée sur le toit d’une remorque de 53 pieds pèse 2 500 lb, de quoi être dangereux si des plaques se détachent.

L’an dernier, Denex Industrial a installé son système de déneigement chez Pepsi à Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard. Après un an d’utilisation, l’entreprise a décidé d’en installer un à son plan de Granby, moyennant des frais avoisinant les 30 000$. «Auparavant, on embauchait une entreprise externe de couvreurs pour déneiger les remorques», avise Martin Chagnon, directeur de Pepsi à Granby. Avec ce nouvel outil situé à la sortie de la cour de l’entreprise, ce dernier estime le temps de déneigement entre trois et cinq minutes par remorque. «On va probablement modifier et établir un horaire d’hiver pour avoir différentes heures de départ pour permettre aux chauffeurs de nettoyer leur remorque sans trop attendre», poursuit M. Chagnon.

Il estime à environ 35 le nombre de remorques. Ce nouvel outil forcera aussi l’entreprise à modifier sa gestion de la neige. «Notre entrepreneur devra passer plus souvent», conclut Martin Chagnon en précisant qu’il n’y a pas de solution miracle pour venir à bout de cet épineux dossier qu’est le déneigement des remorques.

Soulignons que chaque camionneur est responsable de bien déneiger le toit de sa remorque avant de prendre la route et peut être tenu responsable de tout dommage, le cas échéant.

 

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