Des animateurs plus difficiles à recruter

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Par Vincent Lambert
Des animateurs plus difficiles à recruter
(Photo : Gracieuseté-archives)

RECRUTEMENT. Depuis deux ou trois ans, le Club vacances jeunesse éprouve des difficultés à recruter des animateurs en grand nombre pour son camp de jour. Comment expliquer ce phénomène? Selon Mélody Poulin, coordonnatrice jeunesse chez Vie culturelle et communautaire de Granby, la nouvelle génération souhaite voyager davantage et elle a «peut-être moins besoin de travailler».

Le Club vacances jeunesse reçoit plusieurs candidatures de jeunes qui souhaitent travailler comme animateurs. Cependant, quand vient le temps de passer l’entrevue, ils se désistent.

«C’est vraiment plus difficile au niveau du recrutement, confie Mélody Poulin, coordonnatrice jeunesse chez Vie culturelle et communautaire de Granby. On a plusieurs jeunes qui postulent; on les rappelle et on leur donne une date, mais il y en a beaucoup qui ne se présentent juste pas [en entrevue].»

Ces désistements à la dernière minute rendent le processus d’embauche des animateurs plus difficile pour le Club vacances jeunesse puisque parfois, il doit coordonner une deuxième voire même une troisième ronde d’entrevue.

«Si on a besoin par exemple de 50 nouveaux animateurs sur nos 150, on doit en passer 70 en entrevue, explique Mme Poulin. On doit à ce moment en couper. Mais s’il y en a 50 qui se présentent, il faut en prendre 50. Par contre, ce n’est pas tout le monde qui est qualifié. On se retrouve donc à avoir besoin de faire une deuxième ronde d’entrevue. Il faut relancer tout le monde; c’est ce qui est le plus difficile.»

Est-ce que les jeunes sont plus tentés de travailler dans des épiceries ou des dépanneurs plutôt que dans un camp de jour? Selon Mme Poulin, ce n’est pas ce qui explique le défi du recrutement.

«Je ne pense pas que ça a un lien parce que ça a toujours été comme ça; il y a toujours eu des boutiques, des épiceries, le Zoo, etc. Je pense vraiment que c’est comme une nouvelle génération qui est plus axée sur les voyages et qui aime profiter du temps. Elle a peut-être moins besoin de travailler. Je spécule, mais c’est un peu ce qu’on voit. Souvent, les gens nous disent que cet été, ils voyagent et que finalement ils ne reviendront pas.»

Le Club vacances jeunesse voit parfois quelques-uns de ses candidats trouver un emploi dans leur domaine puisque la pénurie de main-d’œuvre un peu partout leur offre plusieurs possibilités. «Il y a beaucoup d’offres d’emploi; [les jeunes] ont donc le loisir de pouvoir choisir. Ils ont l’embarras du choix; ils ne se retrouvent pas le nez à l’eau rapidement.»

Surmonter le défi

Il y a environ cinq ans, le Club vacances jeunesse pouvait combler tous ses postes dès le début du mois d’avril. Maintenant, les démarches de l’organisation se finalisent plutôt vers le début du mois de mai, parfois même au mois de juin.

«Il faut que ce soit fait assez rapidement, fait remarquer Mélody Poulin. On veut avoir du personnel pour pouvoir offrir des places évidemment. C’est vraiment sur une période de plus longue haleine parce que certains nous disent oui et finalement changent d’idée puisqu’ils n’aiment pas ça.»

L’embauche tardive des animateurs a donc un impact sur leur formation, qui se déroule normalement pour tous les animateurs après les entrevues du mois d’avril. «C’est plus stressant quand ils ne suivent pas la formation, laquelle est importante pour nous, souligne Mme Poulin. On doit donc leur en donner une écourtée si on veut, mais ce n’est pas notre choix numéro un.»

«C’est sûr que pour nous, c’est un défi clairement, insiste la coordonnatrice jeunesse. Ça nous demande vraiment plus de temps comme gestionnaire. C’est très demandant.»

Miser sur le sentiment d’appartenance

Pour susciter l’intérêt des personnes qui veulent appliquer pour animer un camp de jour, le Club vacances jeunesse souhaite faire davantage de promotions étant donné que le défi du recrutement perdurera encore pendant quelques années, selon Mme Poulin.

«Ce qu’on essaie de mettre en place, c’est vraiment un sentiment d’appartenance [chez les animateurs], affirme-t-elle. On veut créer un engouement pour le travail et leur dire merci en organisant des activités spéciales pour leur donner le goût de rester avec nous plusieurs années. Je pense que c’est à nous de mettre [en place] des stratégies et de faire connaître positivement le travail qui est très stimulant et intéressant.»

Être animateur de camp de jour est parfois un travail exigeant, comme l’explique Mme Poulin. Cependant, c’est une école de vie où les jeunes peuvent apprendre à gérer plusieurs responsabilités.

«C’est certain qu’il faut que tu aies la passion pour venir faire ce travail, admet Mélody Poulin. On travaille avec des êtres humains; c’est valorisant. On est fiers de nos animateurs. Les enfants les aiment. Ils se donnent à 100 %. C’est comme du don de soi qu’ils font durant l’été et ça paraît vraiment.»

En moyenne, le Club vacances jeunesse  s’occupe de 1 000 enfants environ par semaine grâce à l’implication de quelque 150 employés pour le camp de jour. Au moment d’écrire ces lignes, tous les postes étaient pourvus pour la période estivale, mais ce, avec plus de difficulté qu’à l’habitude.

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