Des horaires plus flexibles contre une hausse des salaires

Par Ugo Giguere
Des horaires plus flexibles contre une hausse des salaires
Le président du syndicat des cols bleus Benoît Proulx et le maire de Granby Richard Goulet ont apposé leur signature à la nouvelle convention collective.

Granby et ses cols bleus signent un nouveau pacte de cinq ans rétroactif à 2012. Une entente qui permet à la Ville d’obtenir des horaires plus flexibles afin d’améliorer la productivité de son service de travaux publics. En échange de quoi les syndiqués vont voir leur salaire augmenter de 2,5% pour les deux premières années et de 2,75% pour les trois dernières années.

Tout le monde semblait heureux d’officialiser la nouvelle convention collective, jeudi matin, mais la démarche pour y arriver a été longue et ardue. «Nous avons pratiquement réécrit la convention de la page un à la dernière page pour que ce soit beaucoup plus facile à appliquer», a souligné la directrice des ressources humaines Mélissa Mercure.

De façon plus concrète, le maire Goulet indique que le texte actuel est adapté à «des temps plus modernes». Selon le conseiller syndical de la CSD Réjean Audy, l’ancienne convention collective ne collait pas aux tâches exécutées par les cols bleus.

«Les gars disaient, telle affaire on le fait pareil, mais ce n’est pas ça qui est écrit sur la convention!», raconte-t-il. Le processus de réécriture a fait en sorte que les négociations ont duré un an.

En résumé, la Ville de Granby gagne des horaires plus flexibles qui vont permettre d’offrir de meilleurs services et de réduire les coûts en heures supplémentaires, notamment pour l’entretien des rues en hiver. «Ça nous permet de faire un gain de productivité énorme», qualifie le directeur général Michel Pinault.

Le principal exemple est l’horaire de travail des opérateurs de saleuses. Au lieu d’un quart de travail de 4h à12h, ceux-ci vont sillonner les rues de 0h à 8h. «Quand on commence à 4h, on a le temps de faire juste les plus grandes rues, pas toutes les rues où le monde passe. Là on devrait même avoir le temps de faire une partie des trottoirs», avance le président du syndicat des employés Benoît Proulx.

Un changement qui n’a cependant pas été facile à faire accepter au garage municipal. «Ç’a été le point le plus dur à faire passer. Ce sont surtout des jeunes qui ont des enfants qui se retrouvent avec l’horaire minuit à 8h», admet M. Proulx.

En contrepartie, les cols bleus récoltent d’intéressantes hausses salariales. Pour 2012 et 2013, les salaires grimpent de 2,5%, alors que pour 2014, 2015 et 2016, on annonce des hausses de 2,75%. «C’est au-dessus de ce qui se paie dans le marché», reconnaît Réjean Audy.

Tout le monde gagne

L’expression «gagnant-gagnant» est revenue souvent autant du côté patronal que syndical en conférence de presse. Michel Pinault résume la situation ainsi: «La population gagne de meilleurs services, les employés font un gain monétaire et la Ville fait certaines économies qu’on a estimées, mais qu’on préfère ne pas dévoiler».

Le maire Richard Goulet a tenu à remercier les deux comités de négociation, soit les ressources humaines et le syndicat des cols bleus. «On n’est pas une usine, on n’est pas là pour tirer des profits. On est là pour donner le maximum de services aux citoyens», a-t-il commenté.

Pour lui, les travaux publics forment le département le plus «visuel». «Ce sont eux qui sont là tous les jours, qui circulent dans les rues, sur le terrain, pour donner des services aux citoyens», a-t-il ajouté.

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