«Le Plan vert n’est pas parfait, mais au moins, on a un plan»_Benoit Charette

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Par Eric Patenaude
«Le Plan vert n’est pas parfait, mais au moins, on a un plan»_Benoit Charette
(Photo : Gracieuseté)

SOCIÉTÉ. Le Québec roulera vert en 2035. C’est du moins ce qu’on espère au gouvernement Legault avec le dépôt du Plan pour une économie verte (PEV) présenté la semaine dernière. Une transition utopique ou réaliste? Pour le chroniqueur automobile, Benoit Charette, la route vers l’électrification des transports ne fait que commencer.

«Si on regarde ce qui s’est fait à travers le monde notamment dans les pays du G20, la Norvège vise 2025 avec pratiquement les mêmes objectifs. Le Royaume-Uni, la France et l’Inde ciblent 2030. Avec tous les argents investis dans la construction des modèles électriques dans les prochaines années, on s’en va vers ça irrémédiablement même s’il y a encore des gens qui s’accrochent encore aux modèles à essence», mentionne le chroniqueur automobile.

Selon les grandes lignes du PEV 2030, Québec veut électrifier les transports afin d’abaisser les émissions de gaz à effet de serre de 37,5 % d’ici dix ans.

«Dans le Plan vert présenté, ce qu’on dit, c’est qu’il n’y aura plus de modèles uniquement à essence qui seront vendus neufs. Ça n’empêche pas la vente de modèles d’occasion et hybrides (…). On ne ferme pas la porte complètement, mais on vise un objectif, qui à mon avis, est très réaliste», indique Benoit Charette.

Pour soutenir son propos, le chroniqueur automobile allègue que les géants mondiaux de l’automobile s’apprêtent à injecter 300 milliards de dollars dans les énergies vertes dans les sept, huit prochaines années. Un signe évocateur que les constructeurs s’adaptent.

«Tout le monde, au moment où l’on se parle, est embarqué. Ceux qui ne le sont pas vont se trouver un partenaire pour le faire. On pense à des compagnies comme FCA (Fiat-Chrysler Automobiles) qui a signé une entente avec Peugeot qui a une technologie électrique.»

«On a hésité longtemps chez plusieurs constructeurs en raison d’un manque d’intérêt sur le marché et du coût de production de ces véhicules (électriques) qui est très cher. Mais les normes environnementales sont de plus en plus sévères et ça va les obliger à aller dans cette direction-là.»

Les défis de l’automobile verte

Benoit Charette croit que la réussite de l’électrification des transports passera par des prix abordables, l’optimisation de l’autonomie de la batterie et la rapidité du temps de recharge.

«Si on veut électrifier 30 % du parc automobile en 2030, il va falloir décupler le nombre de véhicules que l’on a sur la route. Pour parvenir à cet objectif, le véhicule électrique va devoir afficher le même prix qu’un véhicule à essence, prendre moins temps pour se recharger et offrir une autonomie (batterie) semblable à un véhicule à essence.»

L’autre défi qui attend l’industrie automobile, selon le chroniqueur automobile, c’est l’arrimage avec les besoins du marché. «Pour le moment, plusieurs constructeurs limitaient volontairement le nombre de véhicules en concession pour la bonne et simple raison qu’ils coûtent cher et au prix qu’on les vend, ils ne sont pas payants. On préfère de très loin vendre des <@Ri>pick-up<@$p> F-150 qui sont une montagne de profits à chaque modèle vendu au lieu de vendre des véhicules électriques qui nous laissent des cennes dans nos poches.»

«Le Plan vert n’est pas parfait, mais au moins, on a un plan. Et la bonne nouvelle, c’est qu’au gouvernement, on prévoit amender le plan chaque année parce que ça va tellement vite dans le domaine électrique qu’on risque de revoir ou ajuster nos objectifs.»

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