Travaux au tunnel La Fontaine: un casse-tête de plus pour l’industrie locale du camionnage

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Par Eric Patenaude
Travaux au tunnel La Fontaine: un casse-tête de plus pour l’industrie locale du camionnage
Chez Logiq Transport, environ dix camions effectuent quotidiennement le trajet Granby-Montréal. (Photo : (Photo: GranbyExpress-Éric Patenaude))

C’est parti au pont-tunnel Louis-Hyppolite-La Fontaine pour les trois prochaines années. Depuis lundi, l’importante infrastructure routière, qui relie la Rive-Sud à la région métropolitaine, est le théâtre de travaux majeurs. Bien que le chantier soit à quelques dizaines de kilomètres de Granby, des entreprises de camionnage d’ici vont devoir composer avec cette nouvelle réalité jusqu’à la fin de 2025. Un casse-tête de plus à gérer qui demandera une période d’acclimatation, selon des joueurs de l’industrie du camionnage interviewés par le GranbyExpress.

Les allers-retours vers Montréal n’auront plus la même signification pour ces hommes et ces femmes aux commandes de leur poids lourd avec l’amorce des travaux de réfection au pont-tunnel Louis-Hyppolite-La Fontaine. Bouchons de circulation, retards de livraison, réseau routier connexe engorgé, remaniement des trajets et des départs, perte d’efficacité. Le quotidien des transporteurs locaux et des camionneurs risque d’être chamboulé. Quelles seront les conséquences sur l’industrie à la suite de la fermeture de trois des six voies (deux voies accessibles vers Montréal et une seule voie vers la Rive-Sud)? Les prochains jours vont dicter la suite aux dires de Benoit Brodeur, président de Logiq Transport.

«C’est sûr que ça crée beaucoup d’appréhensions au niveau des chauffeurs qui se rendent à Montréal. Mais je pense qu’il faut attendre un peu pour voir comment tout ça va se dérouler avant de prendre panique», mentionne l’homme d’affaires à la tête d’une flotte de 50 camions.

Chez Logiq Transport, environ dix camions effectuent quotidiennement le trajet Granby-Montréal.

De son côté, Samuel Ménard, de la compagnie Transport Pierre -Ménard, croit que tout le monde devra mettre de l’eau dans son vin y compris les entreprises desservies par les camionneurs.

«On va travailler avec nos clients pour accommoder tout le monde et voir s’ils peuvent nous recevoir avant (l’heure de pointe).» «Ça peut être pire qu’avant, c’était déjà de la m…. (…). L’axe des autoroutes 15, 20 et 40, c’était déjà l’enfer», avoue M. Ménard.

Des livraisons la nuit: la solution?

Pour contrer la présence de camions aux heures pointes aux abords du tunnel en chantier, des voix se sont récemment levées pour inviter l’industrie du camionnage à revoir ses façons de faire. Parmi elles, le président de la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud, Alain Chevrier, a suggéré l’idée d’effectuer des livraisons de nuit. Une proposition qui n’a pas fait l’unanimité chez les transporteurs interrogés par l’auteur de ses lignes.

«Ça nous ferait plaisir d’y aller la nuit, mais nos clients sont fermés», illustre -Samuel -Ménard.

Même son de cloche pour Benoit Brodeur, de Logiq Transport. «Je mets au défi n’importe qui de me donner des C.V. pour avoir du personnel de soir et de nuit pour conduire des camions. Selon moi, je n’en aurai pas beaucoup. Dans le contexte de la pénurie, c’est déjà dur de trouver des chauffeurs alors s’il faut que j’en trouve pour des postes de nuit, ça va être très difficile. »

Selon M. Brodeur, son entreprise devra inévitablement travailler autrement à la lumière des aléas du chantier du tunnel. «Nous, notre terrain de jeu, c’est l’ouest de l’Île de Montréal (Dorval, Lachine, Ville Saint-Laurent). L’est de l’Île, on s’y rend moins. Par contre, pour les villes de Boucherville, Longueuil et de Varennes qui sont riches en industries, il va falloir trouver d’autres chemins. Nos camions vont travailler différemment et il se pourrait qu’on utilise des camions de la Rive-Sud pour aller dans ces coins. »

Des livraisons très tôt le matin avant l’heure de pointe et une communication constante avec les clients. Pour l’heure, Samuel Ménard et son équipe optent pour cette stratégie lorsqu’ils doivent se rendre sur l’Île. «On time nos horaires et nos départs pour contourner Montréal le plus possible (…). Honnêtement, on essaie d’éviter le secteur et quand on s’y rend, on charge plus cher. »

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