Un appel fait craindre le pire à JH

Des visages remplis d’inquiétude, des questions sans réponses et quelques larmes ici et là. L’heure du dîner a été hautement émotive, lundi, aux abords de l’école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc à Granby. Un appel anonyme menaçant a forcé les policiers à intervenir en masse et à confiner les étudiants dans une quarantaine de locaux de l’établissement pendant près de deux heures.

11h42. Un individu loge un appel menaçant au 911 à l’endroit de l’école J-H.-Leclerc. «Nous avons reçu un appel anonyme disant qu’il y avait quelque chose de potentiellement dangereux pour les élèves. Les propos pouvaient laisser craindre pour la sécurité des jeunes de l’école», explique l’agent Guy Rousseau, porte-parole du Service de police de Granby. Les patrouilleurs bloquent rapidement l’accès à l’école à partir des rues Denison, Simonds Sud, Cyprien-St-Pierre et Le Corbusier. Plus personne ne peut entrer ou sortir de l’établissement scolaire. Tous les policiers en service, peu importe le grade et la fonction, sont mobilisés sur les lieux. Sans préciser le nombre exact de policiers, l’agent Rousseau indique que «les effectifs nécessaires ont été mobilisés».

12h02. À l’angle des rues Le Corbusier et Simonds Sud, déjà quatre parents d’enfants sont présents et l’inquiétude est palpable. Plusieurs posent des questions, mais les réponses tardent à venir.

12h08. Les policiers élargissent le périmètre de sécurité jusqu’à l’intersection Denison et Le Corbusier. Les parents sont invités à se rendre au CRIF, endroit ciblé comme point de rassemblement pour la durée de l’opération. Étudiants, membres du personnel et parents arrivent peu à peu. Rapidement, les curieux, cellulaires à la main, se comptent par dizaines à l’angle de Denison et Le Corbusier. «Un périmètre sécurisé a été érigé. Les policiers sont à l’intérieur de l’école. On peut confirmer qu’aucun coup de feu n’a été tiré», indique alors l’agent Rousseau.

12h45. Même si le confinement barricadé n’est pas terminé, les policiers tentent de calmer le jeu. «On désire rassurer les parents. Tout va bien. Il n’y a personne de blessé. Et rien n’indique qu’il y a une menace à l’intérieur de l’école. On veut tout simplement s’assurer que la menace n’est par réelle, c’est pourquoi on fait des vérifications additionnelles, dit Guy Rousseau. Les jeunes sont confinés à l’intérieur des classes et les policiers font le tour des locaux.»

13h25. Le confinement barricadé est levé. Après près de deux heures d’attente, les élèves peuvent enfin sortir de l’école, tandis que les parents, membres du personnel et étudiants ont l’autorisation de s’approcher de l’établissement scolaire.

«Il n’y a aucun objet qui a été saisi, il n’y a personne d’arrêter. C’est l’enquête maintenant qui débute afin de comprendre ce qui est arrivé et tenter de localiser la personne qui a fait l’appel au service de police», indique l’agent Guy Rousseau, lors d’un court point de presse.

Dès qu’elle fût mise au courant de l’opération policière, la commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC) a déployé une équipe de soutien à J-H.-Leclerc, explique, pour sa part, Jean Perrault, responsable des communications à la CSVDC.

Ils l’ont vécu de l’intérieur

Selon les données fournies par la CSVDC, l’école J-H.-Leclerc compte 1 315 élèves et 150 employés. Même si le confinement barricadé a débuté sur l’heure du dîner, bon nombre d’entre eux se trouvaient à l’intérieur de l’école.

«J’étais avec une amie, on a vu qu’il y avait des policiers. On est allées dans notre local, ma professeure n’était pas là. On était trois groupes dans une classe. Tout le monde capotait un peu, tout le monde parlait, même si on devait garder le silence. C’était assez turbulent, on se demandait ce qu’il se passait et on n’avait aucune information. Au début, il y avait un peu de panique», se rappelle Mélissa Campeau, une étudiante de secondaire 4.

En début d’année scolaire, les élèves de J-H.-Leclerc ont participé à une simulation, «mais là, c’était pour vrai. Ce n’est pas pareil. On capotait un peu plus, c’était moins structuré, mais ça s’est bien passé quand même, ajoute la jeune fille. Une chance qu’on a eu une pratique. Si on ne l’avait pas eu, je pense que le monde aurait capoté. On n’aurait pas su quoi faire, ça aurait été le chaos.»

Inquiète, la mère de cette dernière s’est présentée sur les lieux. «C’est assez impressionnant. C’était inquiétant, ce n’était pas le fun», dit Suzie Dionne, en larmes, visiblement heureuse de retrouver sa fille saine et sauve.

GranbyExpress.com a aussi rencontré une étudiante qui venait de vivre sa seconde expérience de confinement barricadé en trois ans. «J’étais là à Massey-Vanier. Même si ce n’était pas ma première fois, ça me stressait un peu. On entend toute sorte d’histoires aux nouvelles. Ça fait pas mal peur, c’est choquant», indique Kimberly Blanchette qui retournait chez elle après ce flot d’émotions.

Inquiétude palpable

Joël Landry était assis sur un banc à l’extérieur lorsqu’il a vu plusieurs autopatrouilles arriver à son école. «On a entendu un message disant de rentrer. Les policiers nous ont dit qu’on devait évacuer la zone. Les policiers avaient l’air un peu inquiet», raconte l’étudiant de secondaire 5. Pendant qu’il quittait, les élèves qui se trouvaient à l’intérieur ont été confinés dans les classes durant près de deux heures. Les policiers ont ensuite fait le tour de la quarantaine de classes afin de fouiller les sacs des élèves.

Sylvain Duranleau est accouru sur les lieux dès que sa fille a communiqué avec lui par messagerie texte. «Elle m’a écrit qu’il y avait un fou qui était entré dans l’école avec un fusil, qu’ils sont dans la classe en petite boule et qu’ils ne bougent pas», mentionne-t-il. La police l’a cependant rassuré, personne n’avait été aperçu avec une arme.

Une rumeur voulait aussi qu’un tireur se terrait dans le boisé situé derrière l’établissement d’enseignement. «Ma fille m’a écrit qu’il y avait probablement un tireur fou dans les bois. Je suis inquiète, nerveuse. Je suis stressée pour eux», dit Lynda Lecours. Jessica Fréchette, la sœur aînée d’une élève de cinquième secondaire, peinait à camoufler son inquiétude. «On souhaite que tout aille bien», dit-elle alors que des larmes coulaient sur ses joues.

Le président du conseil des commissaires, Guy Vincent, a aussi été aperçu sur les lieux. «C’est toujours rassurant de savoir que la menace n’est pas réelle, mais ce qui ne me rassure pas, c’est comment quelqu’un peut faire des menaces comme ça pour mobiliser autant d’effectifs. J’espère qu’ils vont trouver les malfaiteurs.»

Toute personne détenant de l’information sur ce dossier peut communiquer avec la détective Annie St-Laurent au (450) 776-8333, poste 3604.

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