Un retour progressif vers la normale?

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Par Abdennour Edjekouane
Un retour progressif vers la normale?
Tandis que le marché de 2023 risque de plaire davantage aux acheteurs, ces derniers feront encore face à un grand casse-tête, le financement de leur éventuel propriété à des taux hypothécaires atteignant des sommets.  (Photo : GranbyExpress-Abdennour Edjekouane)

IMMOBILIER. Le marché immobilier a connu une baisse notable des ventes en 2022. Alors que les prix des propriétés ont commencé à se stabiliser, ce sont les taux d’intérêt gonflés qui ont refroidi les ardeurs de plusieurs nouveaux acheteurs. Malgré ce contexte incertain, plusieurs signes semblent plutôt indiquer un retour à la normale.

«L’année 2022 a été un petit peu moins bonne que 2021, mais ça reste une année exceptionnelle», relate Ronald Péloquin, courtier chez Via Capitale Concept, en expliquant avoir réalisé une quinzaine d’offres d’achat avec le même client avant de trouver la bonne propriété.

Tandis que le phénomène de surenchère semble s’estamper petit à petit, on peut constater notamment à Granby une baisse de 35 % des ventes au cours du 4e trimestre de 2022, alors que les inscriptions en vigueur (contrats de courtage dont le statut est « en vigueur » le dernier jour du mois) étaient en forte augmentation durant ce même trimestre (54 %). Des statistiques qui témoignent d’une nouvelle réalité du marché immobilier, qui connait présentement une forte correction. «Actuellement, on rentre dans un marché qui est, certes encore à l’avantage du vendeur, mais qui s’apparente davantage à un marché équilibré», explique M. Péloquin, de Via Capitale Concept.

Le même phénomène est observé par Todd Massé, courtier chez Royal LePage. «En général, ç’a été une bonne année au niveau des ventes. Il n’y a pas beaucoup d’inventaires, mais les maisons se sont vendues rapidement. Ç’a été un copier-coller de 2021, peut-être moins de ventes dans le marché de Granby, mais ça se vend bien encore», nous explique-t-il.

Pour les responsables de Remax, l’année 2022 a également été une continuité de 2021, «l’année 2022, tout comme l’année 2021, a été pour Remax des années records, les propriétés se vendaient à bon prix et presque toujours en offres multiples (surenchère) », a mentionné un courtier de Remax désirant garder l’anonymat.

Un marché équilibré

Alors que plusieurs institutions financières annoncent des baisses de prix de l’immobilier, pour M. Peloquin de Via Capitale, il faut tout de même demeurer prudent vu les aléas du marché. «Présentement, les gens se disent que le prix des propriétés va baisser de 5 ou de 10 %. Oui, c’est vrai, mais ça va baisser sur le prix actuel déjà gonflé. Il ne faut pas oublier que les prix ont augmenté d’environ 20 % depuis le début de la pandémie », informe le courtier. «Au début de la pandémie, les grands spécialistes des institutions financières nous disaient que le prix des propriétés va chuter de 18 à 22 %. Qu’-est-ce qui est arrivé? Carrément le contraire», ajoute-t-il.

Bien que le marché de 2023 risque de plaire davantage aux acheteurs, ils feront encore face à un grand casse-tête: le financement de leur éventuel achat à des taux hypothécaires qui atteignent des sommets. Cependant, et en plus de la baisse des surenchères, ces phénomènes semblent néanmoins indiquer un retour à la normale progressif vers un marché plus équilibré. «Autant les taux d’intérêt bas de 2021 et 2022 ont créé une effervescence autant les taux d’intérêt en hausse que nous connaissons présentement nous retournent à un marché plus normal», indique le courtier de Remax.

Le même constat est partagé du côté de M. Massé de Royal LePage, où on constate beaucoup moins de surenchère dans le milieu. «Certaines grandes institutions financières ont annoncé que les propriétés baisseraient, d’après moi, ça peut avoir une influence sur les gens qui attendent que les prix baissent. Et les taux d’intérêt à la hausse ont probablement freiné les envies de plusieurs», informe Todd Massé.

Granby : toujours aussi courtisée

Malgré tout, les aléas du marché immobilier ne semblent pas freiner les ardeurs de quelques acheteurs basés à Montréal ou sur la Rive-Sud, qui tentent toujours de changer d’air en optant pour l’exode. Alors que ce phénomène semble également s’estamper avec la fin du télétravail et la reprise économique, quelques rescapés des grandes villes s’informent toujours des débouchés régionaux, ont constaté notamment les courtiers de Royal LePage.

«Quelqu’un qui descend de Montréal vers les Cantons-de-l’Est va noter qu’à Marieville et Saint-Jean–sur-Richelieu, c’est encore très dispendieux avec pas beaucoup d’inventaires. Même chose du côté de Farnham. Ensuite, on arrive vers Granby et Cowansville où les prix sont encore abordables, mais dès que l’on continue vers Lac-Brome, Sutton ou Bromont, ça redevient très cher », explique M. Massé en soulignant également l’emplacement privilégié de la ville de Granby ainsi que de sa qualité de vie.

Finalement, et malgré un marché aux allures imprévisibles, les courtiers conseillent aux nouveaux acheteurs d’être patients, de se prémunir d’un agent immobilier de confiance qui pourra les représenter et finalement, de s’assurer d’être préqualifiés par leur institution financière. «De meilleurs lendemains s’en viennent pour les nouveaux acheteurs. J’ai l’impression que l’inventaire devrait remonter. Le fait qu’il n’y a plus tant de surenchère est un signe que ça devrait rentrer dans l’ordre, mais il ne faut pas oublier le taux d’intérêt qui peut avoir une bonne influence sur le prix mensuel du paiement hypothécaire», conseille M. Massé.

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