Une élection un peu particulière

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Par Abdennour Edjekouane
Une élection un peu particulière
Pour l'enseignant Pier-Luc Migneault, le taux de participation au vote est l'élément qui peut faire la différence au prochain scrutin.  (Photo : (Photo: GranbyExpress-archives))

ÉLECTIONS PROVINCIALES. Alors que la campagne électorale bat son plein au Québec, les candidats ont déjà épuisé un peu plus de la moitié de leur temps alloué avant le 3 octobre pour rencontrer les électeurs et présenter leurs engagements.

Chose certaine, le déroulement de la campagne électorale au niveau local est bien souvent à l’image du parti au provincial. Avance fulgurante de la CAQ, opposition fragmentée. Les résultats ont l’air d’être connus d’avance, comme le démontrent les derniers sondages qui indiquent 38% des intentions de vote pour la CAQ. « On n’a jamais vu une opposition aussi fragmentée. Normalement, il y a deux partis qui sont dominants, mais en ce moment, c’est particulier quand on regarde les autres partis. Le PLQ va-t-il se cantonner à l’ouest de l’île de Montréal ? Et le PQ qui n’est même pas sûr de faire élire un député (…). C’est une élection qui va décider quelle est l’opposition officielle », explique Pier-Luc Migneault, enseignant en histoire et politique au Cégep de Granby. « Je trouve ça inquiétant du point de vue démocratique d’avoir une opposition aussi faible. Pour l’aspect contrôle et examen des actions du gouvernement, ça risque d’être un peu difficile pour les partis d’opposition », poursuit-il.

Mais, pour M. Migneault, un élément peut faire la différence au prochain scrutin, le taux de participation au vote, et c’est bien l’avance flagrante de la CAQ dans les sondages qui risque également d’influencer les élections. « Soit les gens ne vont pas se déplacer en se disant que c’est gagné d’avance, ou ils vont se rendre compte que la CAQ est trop dominante et ils vont y aller avec leur deuxième choix, histoire d’équilibrer les choses. Est-ce que les gens vont avoir cette réflexion? Peut-être, c’est difficile à dire. Mais une chose est sûre, plus le taux de vote est élevé, plus l’élection risque d’être serrée », explique l’enseignant.

Campagne virtuelle

Si les candidats locaux semblent concentrer leur énergie principalement à diffuser les idées et engagements de leur parti respectif, ces derniers semblent chacun privilégier une stratégie différente. Du côté des médias, le PQ de Guy Bouthillier et la CAQ de François Bonnardel sont en avance comme en témoignent les différentes conférences de presse organisées depuis le lancement de la campagne. Pour le PLQ de Penny Lamarre, on semble plutôt opter pour une approche par communiqué de presse, où les candidats locaux relient les engagements du parti au provincial en ajoutant quelques citations.

Finalement, Anne-Sophie Legault et Stéphane Bernier, respectivement de QS et du PCQ, semblent se tourner davantage vers les réseaux sociaux comme Facebook et Instagram pour présenter leurs engagements. « Sur les médias sociaux, c’est tout d’abord la personnalité du chef qui ressort et qui génère le plus d’interactions, plutôt que les partis politiques eux-mêmes.  C’est une règle de base en communication, on répond mieux quand c’est une personne qui nous parle que quand c’est une entité abstraite », explique Jean-Hugues Roy, professeur à l’École des médias de l’UQAM.

« Le PCQ et Éric Duhaime sont ceux qui tirent leur épingle du jeu du côté de Facebook, tandis que les porte-parole de Québec solidaire génèrent davantage d’interactions sur Instagram. Ça semble correspondre au profil démographique des utilisateurs de ces deux réseaux sociaux là », conclut-il.

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