Une simulation qui a du «mordant»!

EXPÉRIENCE. Agité, un chien aboie et vous regarde à la dérobée. Son intention est claire: il veut vous mordre. Le rythme cardiaque augmente et la peur monte en vous… Pour éviter que ses employés figent devant cette situation à risque, le directeur de la Société protectrice des animaux (SPA) des Cantons, Carl Girard, force ses patrouilleurs à se faire mordre… dans un environnement contrôlé! GranbyExpress.com a vécu l’expérience dans le cadre d’une séance de formation et de pratique en vue d’une journée 100% canine organisée le 16 août prochain au parc Davignon à Cowansville.

Enzo, un malinois, est prêt à l’attaque. Sur les ordres de son maître Alain Chiocchi, il charge. Équipée d’un simple bras d’attaque, une prothèse renforcée, l’auteure de ces lignes se met en mode défensif, le bras gauche vers l’avant. Enzo s’approche, charge et mord. Si la manchette bloque les crocs d’Enzo, la puissance de sa gueule est fulgurante et se ressent au travers de l’équipement de protection.

Balancement de gauche à droite, haussement vers le haut, la représentante du GranbyExpress.com tente par différents moyens de faire lâcher-prise à Enzo. Le rythme cardiaque augmente, l’adrénaline aussi! L’animal, qui pèse une soixantaine de livres, maintient la prise coûte que coûte, les yeux toujours brillants. «Halte! Halte! Enzo! Aux pieds!», dit le maître-chien Alain Chiocchi. Enzo recule et retourne auprès de son maître. Il bave, a les yeux brillants et branle la queue. Visiblement, il veut jouer et il n’attend que le signal pour recharger, ce qu’il fera près d’une demi-douzaine de fois.

Formation

Carl Girard a récemment revu l’ensemble de la formation donnée à ses employés après un événement marquant. «Un chien a mordu une dame à l’aine, le chien a été frappé puis jeté au fond d’une cage d’escalier. Quand un de mes employés s’est rendu sur place, il a fait face à un chien totalement paniqué. L’employé, démuni, m’a appelé et sur place, ça m’a pris 40-50 secondes capturer le chien avec un bâton de capture. Quand j’ai vu mon employé geler devant un chien dangereux, ça m’a fait réfléchir», explique le directeur de la SPA des Cantons.

«Imagine-toi, tu as juste un bâton de capture dans tes mains et tu es dans une situation explosive. Si tu n’as jamais vécu cela, ce n’est pas évident. Il faut que tu voies de quoi ça l’air pour vrai», poursuit-il.

Après avoir compris que ses employés n’étaient pas assez formés pour faire face à un chien dangereux, Carl Girard a complètement revu sa formation dans laquelle il inclut dorénavant une expérience réelle.

Le 30 juillet dernier, les nouveaux employés de l’organisme ont tour à tour participé à une expérience de morsure. «Dans ce cas-ci, pour le chien, c’est un jeu, mais son intention est de mordre. C’est ça que je veux qu’ils voient. Je veux qu’ils aient le <I>feeling<I> parce qu’on travaille beaucoup avec des chiens agressifs, notamment lors de perquisitions.» Pour se faire, Carl Girard fait affaire avec deux maîtres-chiens, Benoît Maye et Alain Chiocchi. «Ce n’est pas n’importe qui qui peut s’improviser maître-chien», prévient-il. «Je ne travaille qu’avec ces deux-là.»

Et il s’agit d’un environnement sécuritaire. «C’est une discipline. Si la personne présente une main, le chien ne la mordra pas», prévient le maître-chien Benoît Maye. L’animal ne mordra qu’au bras s’il n’y a qu’une manchette et aux bras ou aux jambes lorsque la personne porte une combinaison complète.

«Il fallait le vivre»

La jeune Gabrielle Lizotte, à l’emploi de la SPA depuis deux mois, a été la première à se prêter au jeu. Vêtue d’une combinaison anti-morsure, elle a été se cacher à la demande de Benoît Maye. Ce dernier ordonne à Cobra, un autre malinois, de chercher «la suspecte». Lorsqu’il la trouve, il se met à japper fortement en guise d’avertissement puis charge sur les ordres de son maître. Il mord Gabrielle à plusieurs reprises au bras, puis à la jambe. Gabrielle, légèrement blême, tente, durant de longues minutes, de se défaire du chien, sans succès.

«J’ai trouvé ça impressionnant, un chien qui arrive et qui te charge, mais j’ai trouvé ça moins pire que je pensais. Il faut savoir comment réagir. On ne peut pas se débattre! J’ai trouvé ça long! Il fallait le vivre une fois [pour comprendre]. Je suis contente de l’avoir vécu», dit-elle.

Journée canine de la SPA des Cantons

16 août

De 9h30 à 15h30, les citoyens sont invités à se rendre au parc Davignon, situé au 215, Place municipale à Cowansville.

Au menu

Pistage de drogues, pistage d’accélérant, détection d’individu, agilité, obéissance, protection, morsures dans un environnement contrôlé, frappe en muselière. Le chien, connu pour être le meilleur ami de l’homme, exposera ses multiples talents. Les citoyens pourront s’exercer, avec leur chien, dans les parcours d’agilité et les personnes qui veulent essayer la morsure dans un environnement contrôlé avec des maitres-chiens pourront le faire. Quatre entraîneurs canins, deux apprentis et trois maîtres-chiens travaillant pour la sécurité publique seront sur place. Des prix de présence seront aussi tirés.

Bisous d’Orville

Orville, un berger australien retrouvé avec une balle dans la tête et qui est devenu, depuis, la mascotte de la SPA, aura son kiosque à bisous. Pour l’occasion, les gens pourront lui faire des câlins et se faire prendre en photo. «L’an passé, ça avait pogné!», lance Carl Girard.

Adoption de chiens

Des chiens hébergés à la SPA des Cantons seront aussi disponible sur place pour être adoptés.

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