Urgent besoin d’espace à la Société d’histoire de la Haute-Yamaska

Par Ugo Giguere

PATRIMOINE. L’espace de stockage de la mémoire granbyenne est saturé. Il n’y a plus de place sur les tablettes surchargées de la voûte de la Société d’histoire de la Haute-Yamaska (SHHY). Une situation qui force l’organisme à se relocaliser de façon urgente pour assurer sa survie.

Avec l’abandon du projet de bibliothèque à l’église Notre-Dame, la Ville de Granby a aussi sonné le glas du déménagement prévu de la société d’histoire dans le presbytère adjacent. «C’était réglé, c’était juste une question de temps», confirme la directrice générale Johanne Rochon.

Dans le sous-sol de leur local de la rue Principale s’entassent deux imposantes étagères mobiles d’archivage. D’autres rayons s’alignent aussi dans une seconde pièce. Le tout pour un total d’environ 750 mètres linéaires de boîtes de documents.

Présentement, la SHHY compte sur une surface d’entreposage de 105 mètres carrés. Selon Mme Rochon, l’organisme aurait besoin du double d’espace pour assurer son fonctionnement à long terme. «On ne sait jamais la quantité d’archives qu’on va recevoir chaque année, mais il faut qu’on soit prêt à les accueillir», indique-t-elle.

Parmi sa collection, la SHHY conserve les archives des commissions scolaires (depuis 1880!), des municipalités de la région, ainsi que d’illustres citoyens et d’entreprises privées. Par exemple, l’ex-maire Paul-O.-Trépanier a légué 147 boîtes de documents sur l’évolution de Granby, la création de la MRC et de nombreux enjeux comme celui du lac Boivin. «Une source d’information incroyable», au dire de Johanne Rochon.

La Société d’histoire est aussi la gardienne d’un fonds d’archives national sur les chevaux canadiens et les bovins canadiens. Un lègue de l’association des éleveurs.

Dons d’archives en 2014

– Frères du Mont-Sacré-Cœur 39 boîtes

– Fonds Jeannot Petit 57 boîtes (300 000 documents)

– Ajouts au Fonds du FICG 13 boîtes

Comité de la culture

Le conseiller municipal Serges Ruel, qui siège sur le conseil d’administration de l’organisme et sur le comité de la culture à la Ville de Granby, a soumis le dossier en avril. «Le conseil sera saisi du dossier quand le comité culture aura rendu son rapport final», précise-t-il.

«On va trouver une solution ensemble. De leur côté, on leur demande de garder l’œil ouvert pour voir s’ils trouvent quelque chose qui les intéresserait», ajoute M. Ruel.

Il faut toutefois savoir qu’un centre d’archives requiert un environnement contrôlé et ne peut être déplacé n’importe où.

Un lieu aux caractéristiques bien précises

– Murs de béton pare-feu résistants 2 heures

– Humidification maintenue à 50%

– Température maintenue à 19 degrés

– Surface d’entreposage de 200 mètres carrés

Question de financement

L’incapacité à recevoir de nouveaux documents fait planer une ombre inquiétante sur le financement public de la société d’histoire. Tous les trois ans, les centres d’archives reconnus par Québec sont évalués selon leur performance, soit l’acquisition et le traitement d’archives.

Cette évaluation a un lien direct sur la fluctuation de leur subvention pour les trois années suivantes. Comme 2014 représente la dernière année d’un cycle de financement, il faut que la SHHY puisse compter sur de nouvelles tablettes dès 2015 afin d’assurer son financement à l’évaluation de 2018.

Budget de la Société d’histoire

– Ville de Granby 50 000$

– Gouvernement du Québec 31 000$

– MRC Haute-Yamaska 23 000$

Et la numérisation?

En 2014, serait-il possible de numériser une partie des précieux documents et de les entreposer ailleurs pour récupérer de l’espace?

«C’est une avenue qu’on envisage, mais la technologie est tellement instable. Au départ, on nous disait de tout mettre sur CD, là on nous dit que le CD est dépassé… Il n’y a encore rien qui se conserve mieux que le papier», estime Johanne Rochon.

L’historienne soutient aussi que ce ne sont pas tous les documents qui peuvent être numérisés en raison de leur condition. Malgré tout, l’organisme jongle avec l’idée d’acquérir un numériseur.

Le transfert de documents sur support numérique est tout de même déjà amorcé pour d’autres types d’archives. De nombreuses heures de vidéo obtenues du Canal Vox doivent être transférées du VHS vers une technologie plus actuelle.

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