Héros, boulot, dodo, bravo!

Par Ugo Giguere
Héros, boulot, dodo, bravo!

Martin Gougeon

CRITIQUE. On s’en doutait lors de l’annonce de la pièce, mais une fois le résultat livré, c’est confirmé: les superhéros sont un filon en or pour une pièce de théâtre d’été. Mettons une chose au clair, ils n’ont rien d’héroïque, ils sont plutôt pathétiques, mais comment demander mieux pour une comédie?

Si vous fouillez votre dictionnaire, vous allez découvrir que la famille «Man» est des plus nombreuses. C’est toutefois sur le cas de Supra, Speedy, Pat et son «assistant» Bobine que l’on se penche.

Une pièce de gars – une première de mémoire de journaliste à l’Ancien presbytère – dans laquelle on se moque des clichés au masculin. On s’en prend aussi aux idées reçues et à l’ignorance, surtout en matière d’homosexualité.

Bien évidemment, en été on ne cherche pas à réinventer la roue et on se gâte sur les gags au premier niveau. Toutefois, ce sont les blagues sur la forme et les conventions de théâtre qui marquent le plus.

L’utilisation d’un narrateur sarcastique à souhait et les clins d’œil au fait que certains personnages ne peuvent jamais se trouver dans la même pièce (parce que joués par le même comédien) sont de belles trouvailles.

La scène de bagarre à l’image du bon vieux Batman des années ’60 ou encore la scène à la Ladies night version Granbyenne valent à elles seules le prix d’entrée!

Comme nous avons assisté à la première représentation, il faut donner la chance au coureur en ce qui concerne le rythme et la répartie. Toutefois, le spectacle gagnerait à être resserré un brin ou encore mieux découpé.

Alors qu’on prend toute une première partie pour nous amener à l’intrigue, on se retrouve à courir dans trois ou quatre directions après l’entracte. À l’image des vieilles émissions parodiées, on gagnerait à mieux exploiter la formule des épisodes pour éviter les longueurs ou de perdre le spectateur en chemin.

Au final, on passe encore une fois une excellente soirée dans le petit théâtre de la rue St-Charles Sud. Il faut toutefois être prêt à vivre sa désillusion, car lorsque l’on gratte un peu le verni sur nos superhéros d’enfance, ce qui se trouve en-dessous n’a plus grand-chose d’enviable.

Héros, boulot, dodo, une pièce de Martin Gougeon et Louis-François Grenier, avec Martin Gougeon, Martin Boisclair, Patrick Golau et Louis Labarre, au Théâtre de l’Ancien presbytère jusqu’au 23 août.

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