Un premier «Misctape»… pour Misc

MUSIQUE. Y a-t-il encore une raison en 2017 pour attendre qu’un artiste compose 10 pièces, qu’il s’enferme deux semaines en studio, qu’on ajoute deux mois pour le mastering, puis deux autres pour le marketing…? Non. Et Misc donne l’exemple avec le lancement de son Misctape Volume 1 disponible en téléchargement.

Jérôme Beaulieu assure que la démarche ne remplacera pas le concept de l’album, mais qu’il se veut un complément. «C’est une manière de produire plus de musique et ça permet de communiquer plus souvent avec ceux qui nous écoutent», ajoute le musicien originaire de Shefford.

«En lançant un album aux deux ans, ça nous donne un peu de presse, on parle un peu de nous et ensuite on n’entend plus parler de nous jusqu’au prochain», poursuit-il en reconnaissant que l’autopromotion et les égoportraits sur les réseaux sociaux ne sont pas trop leur truc.

Le Misctape offre surtout une chance aux mélomanes d’entrer à l’intérieur du processus de création du groupe. Au début de la pièce de 15 minutes 36 secondes, on entend le groupe en arrière-plan et le public qui discute dans la salle… Un échantillon tiré d’une vidéo des soirées d’impro de slam où Misc joue le rôle de «house band».

«On fait 30 minutes d’impro libre avant le début de la soirée. Pour nous, ça sert de labo d’idées. Des fois, ça devient des embryons d’une pièce qui s’organise et une fois en studio on structure et on arrange tout ça», partage Jérôme Beaulieu.

Une fois que le public se tait, Misc se lance dans un rythme de saloon, presque ragtime. On enchaîne ensuite avec un segment qui rappelle les débuts du groupe sous le nom Jérôme Beaulieu Trio. Puis, on est entraîné dans un monde étrange de synthés avant de retrouver le piano réconfortant et planant qu’on connaît.

«Ce sont des moods qui contrastent, mais qui s’enchaînent bien», note le compositeur qui se plaît à garder toutes les portes ouvertes et à explorer toutes les directions. Si l’on avait au départ bien assis le trio dans la case «jazz», tout ça est terminé.

«On compose en band comme un band de rock! On ne se dit pas il faut faire du jazz… on joue. Les gens ne consomment plus la musique selon les genres. Oui, on se dit un peu fuck la case, on ne renie pas notre éducation jazz, mais on veut garder une ouverture totale», affirme Beaulieu.

La fin du remplissage

Pour revenir au format, Jérôme Beaulieu se souvient de l’époque où l’«album» sur disque ou sur cassette était toujours la forme de vendre la musique.

«Il y avait en moyenne trois ou quatre hits et le reste c’était du remplissage… Aujourd’hui, tu ne peux plus faire ça parce que les gens vont aller acheter les chansons à l’unité sur iTunes. Ça force les artistes à faire de la musique de qualité», observe-t-il.

Du même coup, la mort du remplissage force un changement de modèle. «Aujourd’hui, si t’as cinq tounes de prêtes, tu sors un EP et les gens sont contents quand même!»

Misctape Volume 1, par Misc, disponible en téléchargement sur iTunes.

Ugo