Usine 231: le nouveau repère des artistes

Par Ugo Giguere

Que se passe-t-il en les murs de la vieille usine Ranger? L’installation récente d’une toute nouvelle enseigne arborant le nom «L’usine 231» a suscité bien des interrogations. GranbyExpress.com vous propose une incursion dans ce nouveau repère d’artisans de la culture.

Granby compte son lot de vieilles usines, vestiges de son histoire industrielle prospère. Des monuments de brique et de ciment dont la prestance n’a rien perdu de son attrait malgré l’érosion du temps. Depuis belle lurette, les artistes se sont approprié les grands espaces de la vieille Imperial Tobacco, puissant symbole de l’économie du début du 20e siècle.

Un nouvel édifice de l’héritage industriel commence toutefois à accueillir ses premiers locataires créatifs. Anciennement connu comme «l’usine Ranger», l’immeuble sis à l’angle des rues St-Charles Sud et Cowie vient tout juste d’être rebaptisé «l’Usine 231». Référence à l’adresse du 231, rue St-Charles Sud.

Michel et Chantal Cordeau ont entrepris de retaper et d’aménager les immenses espaces industriels depuis quelques années. «On veut faire revivre l’usine», affirme sans détour Mme Cordeau.

«Comme mon conjoint a dit quand il a visité l’usine la première fois, ça manque un peu d’amour! C’est un beau défi pour nous», ajoute la dame qui a retenu les services de l’architecte Caroline Denommée pour réaliser son projet.

Selon Mme Cordeau, le rez-de-chaussée devrait conserver sa vocation industrielle, alors que le premier étage est présentement dédié à l’entreposage. Le deuxième, que les locataires ont baptisé «3e étage», est celui où les premiers locaux rénovés ont été aménagés.

Jusqu’à maintenant, un studio de musique et un studio de photographie ont fait leur nid au sommet de l’édifice. L’étage desservi par un ascenseur pourrait accueillir jusqu’à 30 locataires avec ses 40 000 pieds carrés!

Outre des entreprises de création, l’espace pourrait accueillir des bureaux de professionnels.

Les propriétaires prévoient diviser les pièces en locaux de 1 000 à 2 000 pieds carrés. Le loyer des nouveaux bureaux devrait tourner autour de 6$ du pied carré.

Studio Mikkorason

Christian Morisset est le premier qui a convaincu Michel et Chantal Cordeau de lui aménager un local. «Au début, on ne voulait rien savoir. On se disait pas des musiciens qui vont brancher leur frigidaire et boire de la bière!», se rappelle Chantal Cordeau.

Le musicien et arrangeur ne s’est pas laissé démonter par ce petit malentendu et a persévéré dans l’espoir de convaincre le couple de propriétaires. «Je leur ai dit, j’ai 41 ans et c’est le projet de ma vie. Ce n’est pas une salle de jam, c’est un studio d’enregistrement», raconte Christian Morisset dont le partenaire Charles Rousseau est propriétaire d’une entreprise de génie et technicien de son.

Michel Cordeau a bien tenté de leur offrir d’autres locaux ailleurs, mais les deux hommes avaient une idée bien précise en tête. «Il ne voulait pas nous montrer l’étage ici, mais il a compris que c’était ça qu’on voulait. Il nous l’a montré et il nous a dit je ne peux pas vous louer ici, je ne suis pas prêt», relate Charles Rousseau.

C’était en mai 2012. En juin, un bail était signé et en juillet le duo entrait dans l’immeuble pour aménager son studio. Les musiciens ont trimé dur, alors qu’ils ont mis plus de trois mois à bâtir deux pièces insonorisées, une régie et une salle de détente.

Christian Morisset décrit sa relation avec les Cordeau comme «une série de coups de foudre». «Ce sont des gens de cœur et de passion. Quand ils adoptent un projet, ils sont passionnés», souligne-t-il.

Les téléspectateurs de la chaîne MAtv ont d’ailleurs un accès privilégié à l’intérieur de l’Usine 231 grâce à l’émission Dans l’usine @ sons animée par Christian Morisset. En quelques heures, l’animateur et son invité créent une pièce musicale sous l’œil des caméras.

10th line studio

Ève Panneton et Paul Rollin occupent aussi une grande pièce de l’Usine 231. Le couple derrière l’entreprise 10th line studio cherchait un espace avec de hauts plafonds pour y installer son studio de photographie.

«On fait beaucoup de capsules web, des projets corporatifs, beaucoup de capsules en lien avec la musique, des démos de comédiens», énumère Paul Rollin qui a lui-même construit des murs temporaires pour créer des salles de montage.

En parallèle, le duo d’artistes réalise ses propres projets de création. Ève Panneton doit d’ailleurs participer à une exposition collective en février et dévoiler une exposition solo l’été prochain.

Eux aussi ont eu beaucoup de travail à faire avant de s’installer à leur aise dans l’usine. «Il y avait encore des machines quand on a visité. Je ne sais pas comment ils les ont sorties d’ici, mais un jour elles n’étaient plus là», se souvient Paul.

10th line studio voudrait aussi faire profiter de son superbe local à d’autres artistes ou organismes. Événements, vernissages ou soirées thématiques pourraient éventuellement y être organisés.

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