Des pistes pour soutenir l’avenir financier des jeunes

FINANCES. Avec l’inflation galopante, la flambée des valeurs des maisons et le prix élevé des logements, des parents peuvent se questionner sur la façon dont ils pourraient aider leurs enfants à se bâtir un patrimoine sans compromettre leurs propres projets. Dans le cadre de la conférence virtuelle Ma famille, ma retraite, mes projets… par où commencer?, Desjardins a réuni trois de ses spécialistes pour fournir des pistes accessibles à tous et rappeler certains conseils de base.

Avant de penser à faire quoi que ce soit avec son argent, encore faut-il avoir une vue d’ensemble de sa situation financière, indique Sophie Sylvain, conseillère principale en gestion de patrimoine chez Desjardins. Le budget sera l’outil tout indiqué pour obtenir un portrait réaliste de ses finances.

Dans l’ordre, il est ensuite suggéré de souscrire aux assurances requises, d’avoir les bons documents juridiques (testament, mandat de protection), de bâtir un fonds d’urgence équivalent à deux ou trois mois de revenus dans un compte d’épargne libre d’impôt (CELI), d’ouvrir un régime enregistré d’épargne-invalidité (REEI) si un membre de la famille est admissible et de cotiser à un régime enregistré d’épargne-retraite (REER).

Payer l’hypothèque?

En sixième lieu, il est suggéré de se questionner s’il est préférable de rembourser son hypothèque ou d’épargner. Pour répondre à cette question, Caroline Marion, gestionnaire fiduciaire chez Gestion du patrimoine Desjardins, recommande d’utiliser le simulateur gratuit de l’Institut québécois de la planification financière disponible sur son site Web.

 » Il permet de déterminer dans votre situation précise si vous devriez cotiser plus dans l’épargne ou dans l’hypothèque. L’outil permet de voir en un coup d’œil tous les investissements possibles et les bénéfices qu’on peut en tirer « , dit-elle.

En dernier lieu, si tous les produits permettant d’épargner à l’abri de l’impôt sont maximisés, il est proposé d’optimiser l’épargne non enregistrée. Dans tous les cas, il est recommandé de consulter son conseiller financier pour être bien accompagné.

Épargne-études

Les conférencières ont aussi rappelé le fonctionnement du régime enregistré d’épargne-études (REEE), un outil fort intéressant, notamment en raison des subventions gouvernementales. S’il est maximisé, il est possible d’obtenir jusqu’à 10 800$ de subventions par enfant. Diverses stratégies de décaissement peuvent être utilisées.

Les familles à faible revenu gagnent à ouvrir un REEE pour leurs enfants puisqu’elles pourraient bénéficier du Bon d’études canadien. Cet incitatif fédéral se dépose automatiquement.  » La seule obligation est d’ouvrir le régime « , souligne Mme Marion.

Don à un enfant

Un parent peut aussi envisager de faire un don à son enfant, un geste qui n’a pas d’incidence fiscale. Mais avant de procéder, diverses questions doivent être posées. Le parent doit se demander si le don affectera sa situation financière et s’il est en lien avec son plan financier.

 » C’est humain de vouloir donner à son enfant, mais c’est important de regarder si on est capable de le faire. Il faut faire attention parce que trop donner peut parfois créer de la dépendance parent-enfant, ce qui peut s’avérer être toxique. C’est important d’avoir ses limites, d’avoir un cadre et d’être capable de parler de ces sujets « , souligne Audréanne Leblanc, conseillère principale en planification financière et fiscale chez Gestion du patrimoine Desjardins.

Un parent peut aussi encourager son enfant à épargner en bonifiant son épargne.  » Ça permet de créer de bonnes habitudes financières et de forcer l’enfant à réfléchir à l’utilité d’épargner « , mentionne Caroline Marion. D’autres initiatives sont possibles, comme procurer à son enfant des documents juridiques ou lui payer sa déclaration de revenus.