Le commissaire Randy Ambrosie assure que les Alouettes ne sont pas à vendre

Frédéric Daigle, La Presse Canadienne
Le commissaire Randy Ambrosie assure que les Alouettes ne sont pas à vendre

MONTRÉAL — Le commissaire de la Ligue canadienne de football, Randy Ambrosie, a entendu les rumeurs lui aussi. Mais il assure que les Alouettes de Montréal ne sont pas à vendre.

«Nous n’avons pas parlé du tout de la possibilité de vendre l’équipe, a déclaré Ambrosie à La Presse Canadienne au sujet de sa discussion avec le représentant de l’actionnaire majoritaire du club. Les propriétaires des Alouettes n’ont pas changé dans les faits: ce sont les mêmes personnes qu’il y a une ou deux semaines. Leur priorité est de continuer dans le même sens, de gagner des matchs et de créer des liens avec leurs partisans.»

Plus tôt cette semaine, l’actionnaire minoritaire du club montréalais, Gary Stern, qui détient 25 % de l’équipe, a annoncé qu’il quittait ses fonctions de gouverneur des Alouettes et qu’il cesserait ses activités quotidiennes auprès de l’équipe. L’actionnaire majoritaire, la succession de Sid Spiegel, beau-père de Stern décédé il y a quelques mois et qui détient les 75 % restants, désirait reprendre mainmise sur son investissement, ce qui a mené à plusieurs spéculations sur leur désir de garder leur participation au sein de l’équipe.

«Je suis très encouragé parce que j’ai entendu, a assuré Ambrosie. Ils nous ont dit que les choses allaient continuer comme elles vont présentement. Ils ont rencontré Mario Cecchini, qui selon moi est une personne d’exception, avec un bon plan, une bonne équipe. Mais je suis surtout encouragé par le fait qu’ils m’ont dit qu’ils voulaient gagner des matchs et offrir un bon spectacle à leurs partisans.

«Pour être bien honnête, toutes nos conversations portaient sur l’immédiat, sur leur désir de mettre une bonne équipe sur le terrain, de gagner et de mettre des partisans dans les estrades. Ils ont une bonne équipe de gestion avec Mario et Danny Maciocia. Je pense qu’ils se concentrent sur les bons éléments et que les Alouettes ont un brillant avenir devant eux.»

Ces propos font échos à ceux de Cecchini plus tôt cette semaine. Le président des Alouettes avait indiqué que le désir de l’actionnaire majoritaire était que les affaires se poursuivent sans heurts — «business as usual» a-t-il utilisé plusieurs fois.

On ne sait toutefois pas avec qui Cecchini a discuté au sein de la succession de Spiegel. Le commissaire est demeuré aussi discret sur l’identité de cette personne, mais il est convaincu qu’on connaîtra bientôt qui sera le nouveau gouverneur des Alouettes.

«Je m’attends à ce qu’on connaisse l’identité du gouverneur bientôt. J’ai eu des discussions très positives avec le représentant de l’actionnaire majoritaire. Je peux vous garantir qu’ils sont très positifs et professionnels. Ils prendront leur décision dans les prochains jours. Mais on a un très bon meneur en Mario Cecchini à Montréal. C’est un gars qui a un excellent réseau de contacts dans le marché. La ligue a une énorme confiance en lui. Je m’attends à ce que la plus grande part des responsabilités sur la gestion des Alouettes reviennent d’ailleurs à Mario. C’est normal: c’est ce que font les présidents et chefs de direction.»

Assistances

Le commissaire est tout aussi optimiste au sujet des assistances dans la ligue, même si les chiffres ne sont pas très reluisants de façon globale et sont plutôt inquiétants dans les trois plus gros marchés de la ligue, soit Vancouver, Toronto et Montréal.

«Je crois qu’il faut qu’on prenne un pas de recul et qu’on regarde ce qui se passe dans les domaines du sport et du spectacle. Nous entendons de partout que les foules ne sont pas revenues à leur niveau d’avant-pandémie dans presque tous les cas. Jusqu’à un certain point, on aurait dû le prévoir. Pas la pandémie, mais qu’après deux années de pandémie, certains ne reviendraient pas aussi rapidement vers les grands rassemblements et on se doit de respecter cela. (…) Nos équipes à Montréal, Toronto et Vancouver travaillent d’arrache-pied pour accroître leur base de partisans.»

Ambrosie admet que des pistes de solutions pour les marchés moins «populaires» seront explorées lors de la prochaine réunion des gouverneurs, ce mois-ci. Mais le commissaire assure qu’après deux années difficiles, dont une saison annulée en 2020, la LCF se porte bien.

Je trouve qu’on a accompli beaucoup depuis la saison annulée. Nos gouverneurs nous ont aidés à mettre sur pied un programme de partage de revenus que nous n’avions pas dans la ligue depuis près de 40 ans. Ce plan fera en sorte que toutes les équipes seront plus fortes, en meilleure santé économique, tandis que le partenariat avec Genius Sports nous offrira des opportunités de marketing auxquelles nous n’avions pas accès auparavant.

«Bien que les deux dernières années aient été difficiles, elles nous ont permis de mettre la ligue sur de meilleures fondations pour l’avenir. Même sur le terrain, les changements aux règles que nous avons mis en place cette saison, je ne veux pas dire qu’ils sont responsables de tout ce qu’on voit, mais les matchs sont très excitants à travers la ligue: près des deux tiers de nos rencontres ont été décidées dans les dernières trois minutes.»

Une autre façon, selon lui, de garantir la santé de la LCF à plus long terme passe par l’arrivée d’une 10e concession. Ambrosie assure que le projet d’expansion dans les Maritimes, grandement ralenti par la pandémie, n’est pas relégué aux oubliettes.

«Le projet d’expansion est toujours sur la table. Nous avons d’ailleurs mis sur pied un comité d’expansion et embauché une banque d’investissements pour trouver d’éventuels partenaires et nous aidés sur notre stratégie. Le match Touché Atlantique a été un franc succès. Je sais qu’on m’accuse parfois d’user d’hyperboles, mais je vous garantis que tous les gens à moins 1000 milles de Wolfville et d’Halifax ont pu voir à quel point ce match était immense et a connu un énorme succès. 

«Ça a ravivé les discussions sur notre avenir dans l’Atlantique. Nous avons repris les discussions avec Moncton, car c’est un grand marché. Nous poursuivons les discussions avec Halifax. Nous établirons avec nos gouverneurs la stratégie à adopter pour aller de l’avant.»

Ambrosie est aussi persuadé que d’ajouter une 10e équipe aiderait la LCF à resserrer son calendrier et terminer plus tôt, ce qui est souhaité par plusieurs partisans.

«Ça nous permettrait notamment de raccourcir notre saison de deux semaines: au lieu de 18 rencontres en 21 semaines, nous jouerions 18 matchs en 19 semaines. (…) L’expansion pourrait nous apporter la solution que nous recherchons tous: avec 10 équipes, la Coupe Grey serait disputée le premier week-end de novembre au lieu du troisième.»

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